Tisser des solidarités féministes autour du soin, avec la chercheuse et militante palestinienne Sarah Kaddoura
“Nous avons une occasion de bâtir des ponts plus solides que jamais”
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Sarah Kaddoura est une militante féministe, doctorante, et créatrice de contenu palestinienne. Installée à Madrid, elle prépare actuellement une thèse consacrée à la ‘manosphère’ dans le monde arabe, et anime des formations d’éducation politique avec South Feminist Futures. Sur sa chaîne YouTube, Haki Nasawi, elle analyse des phénomènes sociaux et débats contemporains à la lumière des théories féministes.
Dans cet entretien pour The Fifth Wave Institute, Sarah revient sur les racines de son féminisme, né au Liban où l’exploitation des travailleuses domestiques est un enjeu central. Elle aborde, entre autres, les canaux de financement qui renforcent les groupes masculinistes et créent des obstacles structurels aux organisations féministes ; elle souligne la violence subie par les femmes à Gaza et le risque de ‘romantiser’ leur souffrance.
Sarah ouvre des pistes de réflexion sur la façon dont un féminisme ancré dans le soin, la communauté, l’interdépendance et la libération collective peut dépasser les cadres souvent étroits du libéralisme occidental et permettre de bâtir de nouveaux ponts.
Quelle a été ta première rencontre avec le féminisme ?
J’ai grandi dans le sud du Liban, dans la ville assez conservatrice de Saïda. Avant même de savoir ce qu’était le féminisme, j’ai toujours ressenti un profond sentiment d’injustice. Mon père est mort quand j’avais huit ans; j’ai donc été élevée par ma mère dans une société qui exerce une forte pression sur les femmes, en particulier les veuves. J’ai été éduquée différemment de mes frères – je n’avais pas encore les outils théoriques pour le formuler, mais je percevais au quotidien ce double standard. Je me suis mise à imaginer ce que pourrait être la vie sans le contrôle de toutes ces normes.
Mon premier véritable contact avec les idées féministes s’est fait en ligne. Au début des années 2010, Tumblr regorgeait de personnes partageant leurs expériences, leur compréhension du genre, des droits des femmes, de la sexualité. Beaucoup de ces discussions ont bousculé mes principes.
En 2013, j’ai quitté ma ville pour aller à l’université et j’ai commencé à lire des ouvrages féministes à la bibliothèque. J’ai aussi eu une professeure de philosophie extraordinaire qui nous faisait lire des textes fondateurs de la pensée féministe.
Avec deux amies, on a co-fondé un club féministe intersectionnel. On organisait des lectures à voix haute et des tables rondes sur la résistance et la libération féministes. On a été les premières sur notre campus à aborder de front la situation de la communauté LGBTQ+, notamment les promesses et les limites des changements juridiques. Ce furent parmi les conversations les plus difficiles : il y avait un fort contrôle sur la manière dont on pouvait parler ouvertement de ces sujets.
Grâce au club, nous avons tissé des liens avec d’autres groupes au Liban. Des organisations antiracistes sont venues nous parler de cadres décoloniaux, particulièrement en lien avec la Palestine ; des collectifs de travailleuses domestiques migrantes (TDM) nous ont donné des conférences sur les “chaînes globales du care” et sur le système de parrainage.
Le système de parrainage, ou « kafala », directement ancré dans la dévalorisation misogyne du travail de care, est un enjeu féministe central au Liban et dans d’autres pays de la région. Peux-tu expliquer son fonctionnement ?
Le système de kafala désigne le cadre d’emploi des travailleurs migrants dans des pays comme le Liban, la Jordanie, les Émirats arabes unis, Oman ou le Koweït.1 Il lie les droits d’un travailleur étranger à son employeur, accordant à ce “sponsor” ou “parrain” un pouvoir décisionnel total sur son salaire, ses horaires, sa possibilité de changer d’emploi, de voyager ou d’accéder aux soins de santé. Un tel déséquilibre de pouvoir ouvre évidemment la porte aux abus et à l’exploitation.
Le système établit explicitement une distinction entre le travail des employées domestiques et celui des autres travailleurs migrants. Les premières – très majoritairement des femmes – disposent de protections encore plus faibles voire non existantes. Une famille libanaise aisée souhaitant embaucher une femme de ménage, par exemple, va se rendre dans une agence de recrutement et “choisir” une femme: puis elle se verra confier son passeport, son visa, et confisquera souvent aussi son téléphone afin d’empêcher toute communication extérieure. C’est ni plus ni moins qu’une forme d’esclavage moderne.
Des hiérarchies raciales entrent en jeu : au Liban, les travailleuses domestiques viennent principalement d’Éthiopie, du Sri Lanka ou des Philippines. Le racisme envers les personnes noires fait qu’il coûte moins cher d’embaucher une femme éthiopienne qu’une Philippine. Les ambassades de ces pays participent aussi à cette déshumanisation : certaines défendent leurs ressortissantes, mais la plupart ignorent leurs appels à l’aide.
Étant donné l’exploitation spécifique des femmes que permet le système de kafala, son démantèlement est une priorité pour les féministes libanaises. Un groupe emblématique est l’Anti-Racism Movement (ARM), un collectif féministe centré sur les droits des personnes migrantes pour la « justice sociale, économique et de genre ». Elles ont ouvert un centre communautaire destiné aux travailleuses domestiques, afin qu’elles puissent se rencontrer, socialiser, acquérir de nouvelles compétences et défendre leurs droits.
Une autre organisation importante est Egna Legna Besidet (« de nous migrantes à nous-mêmes », en amharique), dirigée par des travailleuses domestiques éthiopiennes. Elles aident d’autres TDM à accéder à un soutien juridique, à des ateliers, à des dispositifs d’assistance dans le pays en cas de fuite, ainsi qu’à des formations professionnelles en Éthiopie pour celles qui rentrent. L’association a joué un rôle clé dans la distribution d’aide aux TDM pendant la crise bancaire au Liban.
Malgré ces efforts, la situation n’a pas structurellement évolué. Il y a eu une tentative en 2015 de créer un syndicat de travailleuses domestiques migrantes, mais le gouvernement a arrêté et déporté la plupart des personnes impliquées. Le contexte global reste défavorable aux actions associatives: la crise financière, les coupes philanthropiques et la guerre avec Israël ont entraîné le démantèlement d’espaces militants et l’expulsion de nombreux activistes.
Vous écrivez que “certains mouvements féministes arabes adoptent de plus en plus des discours qui se veulent radicaux, mais qui, au fond, recyclent des positions conservatrices”. Pourquoi ?
C’est le résultat d’un double processus : d’un côté, l’amplification d’un féminisme numérique; de l’autre, la disparition du militantisme de terrain.
En Arabie saoudite, par exemple, un fort mouvement cyberféministe a longtemps lutté pour le droit de conduire et contre le système de tutelle – qui considère les femmes comme des mineures juridiques sous l’autorité des hommes de leur famille. C’est une monarchie autoritaire, donc le mouvement restait principalement en ligne, mais il comptait.
Ces dernières années, l’ouverture relative des pays du Golfe s’est accompagnée de réformes juridiques concernant le statut des femmes, dont le droit de conduire et un assouplissement des restrictions de mobilité. Mais, dans le même temps, les féministes qui avaient porté ces revendications ont été arrêtées ou expulsées. Des dizaines de militantes et de défenseuses des droits humains, dont beaucoup sont toujours en prison, ont payé le prix de cette « libéralisation » dont MBS s’octroie aujourd’hui le mérite.
Cela a favorisé l’émergence d’un « féminisme d’État » qui soutient certains droits des femmes, à condition qu’ils s’inscrivent dans un discours patriotique, anti-migrant et classiste. Un féminisme dépourvu d’analyse de classe ne peut pas construire de solidarité autour de sujets de care comme le travail domestique – qui concerne surtout l’exploitation de femmes pauvres. Et, de fait, la lutte des TDM est beaucoup moins visible dans le Golfe qu’au Liban.
Par ailleurs, un féminisme exclusivement numérique finit par se détacher de sa réalité locale et par reproduire des discours occidentaux en vogue en ligne. Ce n’est pas seulement vrai pour la manosphère, ça l’est aussi pour les féministes. Ce sont des notions comme le ‘féminin divin’, la ‘soumission naturelle’, les ‘énergies’ féminines et masculines, ou l’exclusion des personnes trans. L’absence d’espaces militants et démocratiques de terrain produit ainsi un féminisme qui recycle le patriarcat.
La question du travail du sexe en est un exemple. Lorsqu’on n’est jamais confrontée aux réalités vécues, qu’on ne rencontre pas les personnes concernées, qu’on ne voit pas leurs tentatives de se syndiquer, on peut adopter des positions déshumanisantes. Je comprends parfaitement d’où viennent les positions abolitionnistes: mais elles en viennent parfois à faire porter la responsabilité de l’industrie sur les femmes qui y travaillent, ou défendre exclusivement des solutions comme le modèle nordique sans considérer les conséquences violentes qu’il a sur certaines catégories de femmes.
Si l’on ne lutte pas avec les personnes concernées, si l’on n’a pas d’échanges même inconfortables en face à face, on peut finir par adopter une position moins dérangeante, qui se base sur une sorte de morale abstraite.
Tu expliques que le génocide à Gaza et les réseaux de solidarité qui se sont développés autour de la Palestine ont redessiné les contours du féminisme dans le monde arabe. Dans une vidéo pour Oxfam, tu mets en garde contre la ‘romantisation’ excessive de la « résilience » des femmes en situation de conflit. Peux-tu nous en dire plus ?
Dans des communautés frappées par un nombre massif de morts, soumises à une violence extrême, vivant sous occupation, et où la perte d’enfants est fréquente, on se tourne souvent vers les femmes comme porteuses d’espoir.
De l’extérieur, on projette cette image de femmes résilientes face à la perte, qui continuent à donner la vie malgré l’horreur. C’est un trope dangereux, même s’il est compréhensible. Il est plus facile de rester en retrait et de penser, “elles sont si fortes, si courageuses, si résilientes”. Cela atténue une partie de la culpabilité de ne pas pouvoir mettre fin à la violence.
Mais il ne faut pas oublier qu’en plus de la perte de leurs proches, ces femmes continuent à subir le patriarcat au quotidien. Le harcèlement sexuel et les violences s’aggravent dans les moments de précarité, lors des déplacements vers des abris, aux checkpoints face aux soldats israéliens.2 Chaque famille à Gaza a dû se déplacer plus de dix fois durant ces deux premières années, vivant sous des tentes et dans des camps improvisés. Si une femme a perdu son mari et ses fils aînés, elle doit sortir chercher nourriture et abri – des tâches traditionnellement attribuées aux hommes – ce qui l’expose à davantage d’abus.
À cela s’ajoutent les besoins liés à la santé reproductive et sexuelle : grossesse, avortement, fausse couche, douleurs menstruelles, sans médicaments ni anesthésie disponibles. J’animais récemment une table ronde avec deux journalistes gazaouies, et elles évoquaient ces détails intimes et quotidiens qui deviennent profondément déshumanisants – l’absence d’espaces pour se changer à l’abri des regards, les toilettes partagées, le manque d’hygiène, la perte du simple privilège de prendre une douche.
L’image de femmes fortes et résilientes produit ainsi une représentation unidimensionnelle de l’expérience des femmes vivant la guerre et le génocide. Leur réalité dépasse largement la responsabilité de maintenir tout le monde debout. Cela ne signifie pas que la guerre est plus facile pour les hommes – mais les couches d’expérience diffèrent.
Ton doctorat porte sur la ‘manosphère’ dans le monde arabe.3 Y a-t-il des initiatives locales qui parviennent à engager les jeunes hommes dans la lutte pour l’égalité ?
Au Liban, il existe une longue tradition d’initiatives en ce sens. Une organisation appelée ABAAD travaille spécifiquement à inclure les hommes dans ses campagnes et propose des ateliers pour promouvoir des masculinités non violentes. Son « Men Centre » dispose également d’un numéro vert dédié aux hommes.
Mais ce travail restera toujours insuffisant s’il se limite aux ONG et aux ateliers. Il devrait faire partie intégrante des programmes scolaires, universitaires, des médias que nous consommons. On crée de plus en plus d’alternatives, mais on reste exposés à une masse de productions culturelles qui reproduisent la misogynie et la culture du viol.
Par ailleurs, la parole a ses limites : il est difficile de toucher de jeunes hommes dont la détresse est enracinée dans des conditions matérielles – chômage, précarité – et quand des financements massifs alimentent les discours opposés. Au Liban, par exemple, un groupe fondamentaliste chrétien appelé Jnoud al-Rab (« Soldats de Dieu »), financé par un banquier dont le groupe a contribué à la crise financière, met en scène une virilité agressive. Ils patrouillent dans les rues avec de grosses croix au cou et font des vidéos sur les réseaux sociaux pour dénoncer la “décadence morale”, les conspirations LGBTQ, la perte de valeur des femmes.
Il faut rappeler que ces manifestations de violence, numériques ou physiques, ne sont pas aussi spontanées qu’elles en ont l’air. Elles exploitent les peurs et la colère des jeunes hommes tout en étant financées par ceux qui causent ces mêmes sentiments. Le banquier en question a des liens forts avec l’extrême droite américaine; c’est un réseau global de financements. Ironiquement, eux n’ont aucun mal à tisser des alliances entre Nord et Sud ! Il est primordial de regarder en amont ces structures de financement, et pas seulement les comportements individuels qui en découlent.
Cela dit, les hommes ont une responsabilité individuelle de sensibiliser les garçons et les autres hommes de leur entourage. Nous, les femmes, on parle assez tôt de ces choses-là, de féminisme, de violences, on partage nos expériences et nos schémas de pensée. Les hommes devraient faire de même avec leurs neveux, leurs fils, leurs collègues; l’impact serait plus durable qu’un atelier sur le sexisme.
La solidarité féministe à travers le Sud global peut-elle nous aider à construire un féminisme davantage tourné vers le collectif et l’interdépendance ?
Historiquement, les mouvements féministes du Sud global ont été très intersectionnels, articulés aux luttes décoloniales, orientés vers la libération collective, critiques du féminisme libéral centré sur la réussite individuelle et le choix personnel.
Mais la solidarité est difficile à maintenir dans un contexte marqué par la forte présence d’ONG. Au Liban, pour un si petit pays, il existe des centaines d’ONG féministes et de défense des droits humains. Ce n’est pas surprenant : elles prospèrent là où les filets de sécurité sociale font défaut. Le problème, c’est que cela fragmente les mouvements: au lieu d’une logique collective d’action radicale, chaque lutte risque d’être compartimentée, chaque organisation cherchant à se distinguer pour obtenir des financements.
Autre problème, ces financements sont majoritairement occidentaux. C’est une nouvelle forme d’impérialisme : les populations du Sud global sont dépendantes des cycles politiques et budgétaires occidentaux pour pourvoir à leurs besoins. L’USAID constituait une source majeure de fonds ; sa suppression a laissé des milliers de personnes sans emploi ni soutien.
Les financements allemands par exemple s’accompagnent souvent d’un contrôle politique, notamment sur la situation palestinienne et l’occupation. Ces dernières années, beaucoup d’organisations financées par l’Allemagne ont licencié du personnel, réduit des programmes ou modifié leurs politiques sur ce qui peut être dit et qui peut recevoir de l’aide.
Ce modèle n’influence pas seulement le type d’organisation possible : il place aussi les féministes dans des situations délicates. Si une organisation qui a soutenu vos projets par le passé publie une déclaration déshumanisante sur les Palestiniens, vous pouvez perdre la confiance de votre communauté. Cela ne concerne pas seulement l’Allemagne : cela peut être les États-Unis ou d’autres pays européens. On l’a vu en Irak, en Afghanistan, sur les droits LGBTQ+ ou l’avortement (avec la « Global Gag Rule »4). Ce système crée une fracture entre les féministes et les communautés locales.
Je travaille actuellement avec South Feminist Futures, dans leur programme d’éducation politique. C’est une expérience formatrice extraordinaire. Pour la première fois, j’échange véritablement avec des féministes de tout le Sud global, je m’organise avec elles. Je suis en contact avec des personnes d’Amérique latine, d’Afrique, d’Asie, dont on ignore facilement les travaux si on ne les cherche pas, car les modèles qu’elles proposent ne sont pas au centre.
Il faut voir les efforts des habitantes des favelas brésiliennes qui plantent d’immenses jardins urbains, où des femmes et des personnes de minorités de genre cultivent la terre pour nourrir leurs communautés, se protéger mutuellement et s’organiser contre les incarcérations arbitraires. Il faut observer l’émergence de coopératives solaires et incubateurs de startups montés par des femmes à travers le continent africain, pour qui c’est un enjeu profondément féministe de remettre en cause les standards imposés par le FMI qui ignorent souvent la réalité du travail de soins.
Je découvre un monde d’organisations féministes qui ne transige pas avec son éthique, qui se déploie en dehors des structures institutionnelles dominantes, et qui en même temps fait évoluer ces structures. Nous avons beaucoup à en apprendre. Ces deux dernières années, aussi terribles aient-elles été, ont ouvert un espace particulier pour repenser nos méthodes d’action, se rencontrer entre Sud et Nord. Nous avons une occasion de tisser des liens plus solides que jamais.
Dans cette perspective, quelles penseuses féministes internationales inspirent ton travail ?
J’aime beaucoup le travail de Verónica Gago, basée en Argentine. Très active lors des mobilisations suscitées par la crise de la dette en 2001, elle est aujourd’hui l’une des figures phares du mouvement #NiUnaMenos (Pas Une de Moins) contre les féminicides.
Ouvrage recommandé : Économies populaires et luttes féministes. Résister au néolibéralisme en Amérique du Sud. Paris, Raisons d’Agir, 2020. Voir également cet entretien vidéo de Verónica Gago pour Diagrammes.
Il y a Sylvia Tamale, avec qui j’ai collaboré via SFF. Juriste, sociologue et militante ougandaise, elle fut la première femme doyenne de la faculté de droit à l’université de Makerere.
Texte recommandé : African Feminism: How Should We Change? Development, 2006 (non traduit). Voir aussi cet entretien (traduit) avec South Feminist Futures.
Il y a aussi le travail essentiel de Nada Elia, autrice et théoricienne féministe palestinienne, qui écrit sur l’internationalisme et la solidarité.
Ouvrage recommandé : Palestine : Pour un féminisme de libération. Micro R.M., 2024.
Et enfin, je ne peux pas manquer de mentionner mon amie Islam al Khatib, qui travaille sur les technologies de surveillance et l’industrie technologique dans la région, dans une perspective féministe et décoloniale.
Pour conclure, la question que je pose à chaque entretien : de qui prends-tu soin, et qui prend soin de toi?
Je prends soin de mon partenaire et il prend soin de moi. On est arrivés en Espagne relativement récemment, donc pour l’instant on se repose surtout l’un sur l’autre; on dirige toute l’attention et le soin dont on dispose l’un vers l’autre (et vers notre magnifique chat roux).
On est aussi nourris, puissamment soutenus par les années de soin et d’amour reçues et offertes dans nos familles, avec nos ami·es. Sans ça, je ne pense pas que j’aurais survécu à ces dernières années de guerre et de crise financière.
Ressources complémentaires
Un aperçu historique des courants féministes africains, par Minna Salami pour House of African Feminisms.
Le South Feminist Knowledge Hub (Centre de savoirs féministes du Sud) de South Feminist Futures.
Les ressources du Palestinian Feminist Collective.
Le système de sponsoring a été officiellement aboli ou fortement réformé en Arabie Saoudite, au Qatar, et au Bahreïn, même si l’efficacité de ces décisions est très contestée. Au Bahreïn, par exemple, les travailleuses domestiques ont été explicitement exclues de la plupart des réformes.
Pour une analyse détaillée de ce phénomène, voir Ferdoos Abed-Rabo Al Issa (2024), Home invasion as incursion into body and homeland: feminism and the politics of life and death in Palestine. International Feminist Journal of Politics, 26:4, 744-763, DOI: 10.1080/14616742.2024.2387107.
Voir le papier de Sarah, ‘The manosphere in Arabic : Mapping subcultures, narratives, and impacts across Arabic-speaking online spaces’. 2025, Friedrich-Ebert-Stiftung.
“Littéralement en français la « règle du bâillon mondial », la Global Gag Rule est la manière critique de désigner la Mexico City Policy : un décret qui interdit aux ONG étrangères qui reçoivent de l’aide fédérale des États-Unis de procurer des avortements légaux, de délivrer des informations à ce propos ou encore de faire du plaidoyer pour des réformes visant à légaliser ou accroître l’accès à l’avortement, même si ces actions ne sont pas menées sur financements américains, et ce quel que soit la situation législative de l’avortement dans les pays où elles agissent.” Article d’Hélène Ferrarini pour Sidaction, 04.11.20. Établie par Reagan, cette règle n’a pas été appliquée sous les administrations Obama et Biden, puis réactivée par Trump en 2017.
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